PASA La Maison Saint-Cyr

Journée mondiale Alzheimer : au cœur du PASA avec La Maison Saint-Cyr à Rennes

À l’occasion de la Journée mondiale de sensibilisation à la maladie d’Alzheimer, Skorann met en lumière les initiatives et le travail quotidien des équipes du secteur médico-social qui accompagnent les personnes âgées vivant avec des troubles neurodégénératifs.

Rencontre avec Vincent, chef de service au sein de La Maison Saint-Cyr, EHPAD rennais de 144 résidents qui intègre 12 places en hébergement temporaire, un accueil de jour de 10 places, ainsi qu’un Pôle d’activités et de soins adaptés (PASA) de 14 places : La Pergola.

Un cadre adapté aux troubles cognitifs : le rôle clé du PASA

À La Maison Saint-Cyr, les résidents présentent des profils de santé variés (maladie de Parkinson, diabète lourd, polypathologies) et des troubles cognitifs évolutifs. En l’absence d’unité de vie protégée fermée, l’établissement s’appuie pleinement sur son PASA en semaine et le week-end.

« Le PASA intervient à une période charnière de la maladie. L’enjeu est de maintenir les acquis, de préserver l’autonomie restante et surtout de nourrir le lien social pour empêcher le repli sur soi », précise Vincent.

Lorsque les troubles s’intensifient, l’accompagnement bascule vers des soins plus techniques au sein des services classiques. Mais au sein de La Pergola, la priorité est ailleurs.

L’impact sur le terrain : accompagner les émotions et sécuriser l’espace

Travailler au PASA implique une posture radicalement différente du nursing traditionnel :

  • Sécuriser la déambulation : Permettre aux résidents de bouger librement tout en veillant discrètement sur leurs déplacements.
  • Recréer des repères : Structurer la journée pour apaiser les angoisses et les désorientations temporelles ou spatiales.
  • Accompagner les émotions : Être à l’écoute des résurgences du passé et des états d’âme, avec patience et discernement.

Vincent se souvient d’une situation marquante vécue avec une résidente originaire du quartier :

« Elle avait exprimé le vif désir de rentrer chez elle. L’équipe l’a accompagnée pour une marche dans le quartier, pensant que la promenade l’apaiserait. Contre toute attente, guidée par sa mémoire ancienne, elle a retrouvé le chemin exact de son ancien appartement — vendu depuis. Elle a sonné à la porte. Heureusement, personne n’a ouvert, ce qui aurait pu la perturber profondément. Elle a alors simplement accepté de rebrousser chemin et de rentrer à la résidence. Cela illustre à quel point la mémoire affective et les réflexes anciens restent vivants. »

Professionnels du soin et de l’accompagnement : une approche singulière

Accompagner la maladie d’Alzheimer exige une véritable sensibilité relationnelle au sein d’une équipe pluridisciplinaire soudée.

Pour les professionnels soignants et éducatifs qui rejoignent l’établissement en renfort, la technicité s’efface souvent au profit du savoir-être : savoir écouter, désamorcer une inquiétude par le regard ou le geste, et partager le quotidien des personnes accueillies avec bienveillance.

Une belle illustration de ce que l’engagement humain et la coopération apportent chaque jour à nos aînés en Ille-et-Vilaine.

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